par Laurence Picot | Avr 22, 2018 | Récits |
Progresser, c’est bien le but de tout photographe. Mais, le chemin peut parfois sembler long et laborieux. Cependant il faut se dire que cela fait partie de notre démarche photographique. Voilà pourquoi aujourd’hui, je vais vous parler de mon parcours et des étapes qui m’ont fait progresser en photographie.
Au début….
J’ai toujours aimé prendre des photos, mais j’ai vraiment commencé vers 2002 dans le domaine assez atypique de la photo sous-marine. Je me suis formée à la plongée dans la Manche. Beaucoup de personnes me demandaient ce que je pouvais bien voir au fond… Et oui, la Manche, ce n’est pas l’eau claire de la Méditerranée, mais, c’est très riche en espèces animales et végétales. Alors, la photo sous marine est pour moi le moyen de prouver que les plongées en Manche sont très belles!
Progresser en photo sous-marine n’est pas simple. Il faut s’adapter au milieu et maîtriser la technique de plongée avant tout. Car quand il y a du courant, se stabiliser pour prendre une photo relève parfois du défit. Ensuite il y a le matériel, ne disposant pas de beaucoup de moyen, j’ai utilisé un petit boitier Canon compact dans son caisson étanche. Comme en Manche, l’eau est chargée de particules de plancton et que la visibilité peut-être réduite à moins d’un mètre, je me suis contentée de faire de la macro et de la proxi et cela m’a suffit pendant pas mal d’années. Je pratiquais la photo dans un but naturaliste et mes quelques 500 plongées m’ont permis de rapporter quelques clichés bien sympathiques aussi bien dans la Manche que dans les mers chaudes.

Crevette Periclimenes – mer de la Manche – Cherbourg

Limace de mer – Antiopelle – mer de la Manche – Cherbourg

Blennie gattorugine – mer de la Manche -Cherbourg
Mais après…
Seulement voilà, pendant toutes ces années je suis restée en mode tout automatique. Mon APN, ne me permet pas de passer en mode manuel et de choisir tous mes paramètres de prises de vue. Tout au plus, je choisi les modes macro, sous-marin et flash forcé. Mais pour le reste, c’est l’appareil qui décide.
Mon club de plongée organise un cours sur la photo. On étudie le matériel et dès le début je suis frustrée. Le mien ne me permet pas grand choix de réglage. Pendant le cours, j’entends parler de focale, d’ouverture, d’iso, de profondeur de champ etc….Bref tout ça pour moi c’est du chinois. Concrètement cela signifie que je prends des photos, mais que je ne fais pas de photo, je n’y connais rien. Et moi, j’aime bien comprendre et je veux progresser !
Progresser, oui mais comment ?
Faire évoluer son matériel
J’ai tout d’abord acheté un nouvel APN qui m’a permis d’avoir de nouveaux modes, de passer en manuel et de photographier en RAW. j’ai également ajouté un flash déporté. Je commencé à apprendre à jouer avec les paramètres d’ouverture et de vitesse. Je photographie désormais en Raw et non plus en jpeg et je commence à post-traiter un peu mes photos.
Les forums liés à la pratiques de la photo-sous marine sont aussi un bon moyen pour progresser ou au moins aiguiser son regard photographique avec les photos postées par d’autres photographes. C’est aussi en échangeant sur ces forums que j’ai vu une annonce sur la vente d’un petit réflex et de son caisson. C’est du matériel d’occasion qui malgré tout représente un investissement. Mais c’est plus en adéquation avec mon budget. Et puis il ne faut pas négliger le risque de noyade du matériel au cours d’une plongée. Mieux vaux donc être prudent et ne pas trop investir….Là avec cet achat je fais vraiment évoluer mon matériel.
Juin 2013, j’attends donc l’arrivée de mon Nikon D80 et de son caisson (me voilà devenue Nikoniste). En attendant, je plonge avec mon APN Canon G12. Mais au cours d’une plongée je me perce un tympan. La saison de plongée est finie pour moi et me voilà avec mon 1er boitier réflex qui arrive….
Bon il faut positiver, je décide de mettre à profit ce temps libre (plus de plongée) pour apprendre à me servir de mon matériel.
Se former pour progresser
Pour mon boitier, je décide d’ acheter deux objectifs. Un 18-105 qui va me permettre de faire du paysage et un 40mm macro que je vais dans un 1er temps utiliser pour faire de la macro « terrestre » mais qui à terme va me servir pour faire de la macro et de la proxi en photo sous-marine dès que je vais pouvoir replonger.
Maintenant, il me faut apprendre. Je décide de passer en mode tout manuel et je tente pleins de réglages. Je découvre pas mal de chose mais apprendre seul à ses limites. Un ami me conseille de visionner des tutos sur internet et me recommande le site de Blaise Fiedler FOTOLOCO
Grâce aux vidéos de Blaise, j’apprends les bases et le vocabulaire de la photo, et petit à petit je commence à maîtriser la technique tout en apprivoisant mon matériel.
Au départ sur Fotoloco on trouvait plutôt des photographes qui pratiquent de la photo en studio. Mais moi cela ne me convient pas, j’ai besoin d’autre chose.
Trouver le domaine photographique qui me convient pour progresser
Ce que j’aime c’est être dehors, dans la nature. Donc après avoir fait mes premières armes sur les insectes et un peu de paysage je veux apprendre la photographie animalière.

Les tutos sur Fotoloco m’ont permis de progresser en macro
C’est avec la formation « les ateliers du photographe animalier » de Régis MOSCARDINI que je me lance dans cette voie. Je dévore littéralement tous les cours. Sur les conseils de Régis, je choisi le sujet sur lequel je vais me concentrer : « le chevreuil » . Il faut apprendre à le connaître, savoir identifier les traces et indices de présence. Puis passer à l’observation et enfin à la photographie.
Ma progression photographique
Mon matériel
Revenons un instant au matériel que j’ai utilisé ces 4 dernières années.
J’ai bien sûr commencé avec mon D80 auquel j’ai associé un petit téléobjectif 55-300 Nikon (au passage je vous le déconseille) le l’ai vite remplacé par le 120-400 de sigma, mais mon D80 avait du mal à suivre. Donc j’ai investi dans le boîtier D7100 Nikon. Le couple D7100 et 120-400 sigma fonctionne bien pour démarrer. J’ai aussi acheté d’occasion un 300mm F4. Cet objectif me permettait de faire de l’animalier mais aussi de la proxi pour photographier les papillons. Malheureusement cet objectif m’a été volé et je n’ai pu le remplacer. Depuis un an je suis passée au boitier Nikon D500 avec le téléobjectif 200-500 f5.6, une configuration qui me satisfait pleinement.
C’est vrai que j’ai beaucoup fait évoluer mon matériel entre 2014 et 2017. Comme on le dit souvent ce n’est pas le matériel qui fait le photographe, mais il faut bien reconnaître que partir avec du matériel de qualité est un bon point. De plus il est préférable de bien choisir son équipement pour ne pas être déçu et risquer de perdre trop d’argent en faisant évoluer trop souvent son matériel.
Mes photos
Mais revenons à nos moutons ou plus exactement à nos chevreuils. N’allez pas croire que dès le début j’ai réussi de très belles photos de chevreuil. Aujourd’hui j’ai dans ma photothèque entre 500 et 600 photos de chevreuils. Seulement avec le temps et l’expérience on devient beaucoup plus critique et si je fais le tri maintenant je pense que ne vais en conserver qu’ une cinquantaine! De même il y a fort à parier qu’un photographe chevronné en gardera encore bien moins….
C’est ce tri qui m’a conduit à écrire cet article car lorsque je me mets les clichés côte à côte je me rends plus compte du chemin parcouru. Et au fond c’est encourageant !
Voici donc une sélection pour illustrer tout ça :
2014

une de mes 1 ères photo de chevreuil : environnement pas esthétique, mal cadré, pas de piqué etc….
2015

un an plus tard, j’ai trouvé un meilleur spot, l’environnement est plus esthétique, je suis mieux cachée, les chevreuils s’approchent plus
2016

En 2016, je mets à profit la belle lumière dorée de la fin de journée
2017

En 2017, j’ose des ambiances plus feutrées

je passe plus de temps à l’affût et j’observe les jeunes, toujours avec une profondeur de champ relativement faible (5.6) pour avoir un environnement fondu
2018

je recherche toujours les lumières, les ambiances qui vont me permettre de mettre mon sujet en valeur
Je n’ai pas le sentiment d’avoir fait le tour de mon sujet. Et aujourd’hui j’ai envie de capter des ambiances, des attitudes, des lumières différentes et je sais que j’ai encore beaucoup de chemin à parcourir….
En conclusion
Bien sûr, le chevreuil n’est pas le seul sujet que j’aborde en photographie, mais il restera toujours un de mes préférés.
Pour progresser il ne faut pas négliger les stages photos avec des professionnels ni, les expositions qui permettent à la fois de rencontrer, d’échanger avec d’autre photographes et aussi d’aiguiser son regard.
Et vous, vous en êtes où dans votre démarche photographique? N’hésitez pas à vous exprimer dans les commentaires. Je serai ravie d’échanger avec vous sur ce sujet.
par Laurence Picot | Mar 12, 2018 | Récits |
Traces et indices, en photo animalière c’est par là que commence notre démarche photographique. En effet, si demain je décide de partir sur un coup de tête, photographier une espèce en particulier, sans aucune préparation, je vais avoir de grandes chances de revenir bredouille et donc déçue !
J’ai publié cet article le 27 février 2018 sur le site de Régis Moscardini « Auxois Nature« . Je vous invite à découvrir les articles publiés par Régis ou ces autres invités. Régis réalise régulièrement des interviews de photographes animaliers. N’hésitez pas à aller écouter les nombreux Podcast.
Se documenter
Après avoir choisi l’animal que vous voulez photographier, il faut se documenter. Cette étape est importante. Car, comment voulez-vous repérer la présence d’un chevreuil (par exemple) si vous ne savez pas quels types de traces et d’indices le chevreuil laisse lors de son passage.
Commencez par une recherche sur internet afin de recueillir suffisamment d’informations pour démarrer votre enquête sur le terrain.
Traces, indices et terminologie
Les traces et indices de présence animale sont nombreux. Bien sûr, la première chose qui vient à l’idée ce sont les empreintes de pas. Mais ce ne sont pas les seuls indices à rechercher. Voici donc une petite liste d’indices qui vous mettront sur la bonne piste :
- Les empreintes, il est facile de les observer dans les sols meubles, dans la boue, aux abords d’un cour d’eau ou encore dans la neige. On distingue les empreintes :
- à ongles ou sabots = 2 doigts visibles : chevreuil, cerf, 4 doigts visibles: sanglier…
- à pelotes avec des griffes = 4 pelotes : renard, loup; 5 pelotes : ours, martres, blaireau; empreintes de mains : lièvre, écureuil
- à doigt en fourches ou en étoiles, palmées ou non = oiseaux.
- Les coulées, ce sont des sentiers, plus ou moins marqués par le passage régulier des animaux.
- Les frottis ou régalis sont des marques d’écorçage sur les troncs des jeunes arbres et qui sont dues au frottement des bois du chevreuil.
- Les laissées correspondent aux crottes des animaux, chez certaines espèces elles sont très caractéristiques et constituent donc de bons indices de présences.
- Les restes de repas permettent parfois de savoir quel animal est venu se restaurer
- Les couches désignent les lieux où les animaux viennent dormir.
- La souille, c’est une sorte de cuvette peu profonde, dans le sol, qui se rempli d’eau. Les sangliers aiment s’y dérouler dans la boue.
- Les terriers
- Les nids d’oiseaux ou de mammifère (écureuil)
- Les loges sont des cavités que certains oiseaux, comme les pics creusent dans les arbres. D’anciennes loges peuvent servir de gîte à de petits mammifères
- Les poils qui s’accrochent dans les barbelés
Le repérage des traces et indices
Nous voilà dans la phase cruciale. Le repérage permet de faire un relever des traces et indices de présence de l’animal recherché. Pour cela il est nécessaire d’arpenter le territoire que vous avez au préalable défini. On dit souvent que pour faire un bon repérage il faut faire au moins deux passages. Le premier, le nez par terre, le second le nez en l’air ! Mais, pour optimiser la séance de repérage il faut emporter un peu de matériel :
- Une paire de jumelle, bien utile pour vérifier si un animal est présent sur la zone à inspecter.
- L’appareil photo (ou un smartphone) pour photographier les traces que vous allez observer afin de pouvoir ensuite les identifier.
- Un carnet pour prendre des notes.
- Une règle graduée, c’est un outil indispensable pour mesurer les empreintes, donner une échelle sur les photos et faciliter leur identification.
Mes relevés de traces et indices
Au cours de mes séances de repérage, j’ai collecté un certain nombre de traces et d’indices. Je les ai photographiés et répertoriés. Je vais donc pouvoir partager ces photos avec vous afin de vous aider dans vos futures séances de repérage. Bien sûr je ne prétends pas être exhaustive car ceci n’est que le fruit de mes observations. Voilà pourquoi parfois, pour une espèce je dispose de plusieurs documents alors que pour d’autre, j’en ai très peu. Certaines photos sont prises avec mon téléphone portable. Mais, même si la qualité n’est pas toujours optimale cela donne déjà un bon aperçu.
Le chevreuil – Traces et indices
En se promenant dans les chemins, on repère facilement les coulées que les chevreuils rempruntent. D’ailleurs si vous regardez, bien les trouées d’entrée et de sortie sont généralement face à face.

Voici une coulée de chevreuil, les passages successifs ont marqué la végétation.

Empreinte de chevreuil, elle mesure de 3 à 5 cm. En fonction de l’allure à laquelle le chevreuil se déplace, les ongles peuvent être plus ou moins écartés.

Ici, un chevreuil a écorcé un jeune arbre avec ses bois

Les crottes de chevreuils sont appelées « moquette ». Elles forment de petits cylindres, dont une des extrémités est légèrement pointue

Voici un gîte ou encore une couche. Un chevreuil est venu se reposer ici. Il a préparé sa couche, gratté le sol pour le mettre à nu.
Le sanglier – Traces et indices
Quand un sanglier a séjourné dans un champ, on ne peut pas manquer les traces de son passage ! En effet la sanglier est un laboureur. C’est donc généralement un terrain avec de grandes zones de terre retournées qui sera l’indice le plus flagrant.

Cette plaque de terre retournée mesure environ 50cm², mais il y en avait plusieurs dans la même parcelle de prairie.
Le sanglier est capable de parcourir de nombreux kilomètres en une nuit et même s’il passe une fois rien ne garantit qu’il va revenir au même endroit les jours suivants. Alors, pour augmenter les chances d’observation, le mieux est de trouver une souille. Car le sanglier aura plus de chance de revenir s’y dérouler.

Cette souille est régulièrement fréquentée par un sanglier.
En général, après s’être roulé dans la boue, le sanglier se frotte sur un arbre ou un piquet tout proche.

Ce piquet recouvert de boue séchée est situé à 3m de la souille
Les traces de sanglier sont un peu plus difficiles à reconnaître et peuvent être confondues avec celles du cerf surtout quand les gardes à l’arrière du pied ne sont pas marquées dans le sol.
Mais comme chez moi il n’y a pas de cerf cela réduit les risques de confusion.

Voici une empreinte de sanglier, elle est plus grande que celle du chevreuil, de 5 à 8 cm. Elle est aussi beaucoup plus ronde et les ongles sont plus écartés. Notez qu’ici les gardes ne sont pas marquées.
Enfin, les laissées de sanglier, elles forment des sortes de boudin de 10cm de long et de couleur noirâtre.

Laissées de sanglier, en forme de boudins, constitués de plusieurs éléments agglomérés .
Le renard – Traces et indices
Les terriers de renard sont variés et le renard en possède plusieurs. Il y a donc souvent un terrier principal et des terriers secondaires. Mais, le renard creuse rarement son terrier. Il préfère agrandir celui d’un lapin ou mieux encore, occuper un terrier de blaireau. D’ailleurs il est courant de voir cohabiter renard et blaireau dans un terrier.

Voici un terrier, son ouverture (d’environ 30 cm) pourrait convenir au renard. Notez que si la gueule du terrier est obstruée par des toiles d’araignées, il y a peu de chance que le terrier soit habité.
Les traces du renard sont souvent confondues avec celle du chien. Cependant quelques indices permettent de faire la différence.

L’empreinte du renard est ovale et toutes les griffes pointent vers l’avant

L’empreinte du chien est plus ronde et plus évasée. Les griffes latérales pointent vers les côtés.
Les restes de repas sont également de bons indices de présence.

Reste de repas

Pas de doute il s’est fait plumé

La victime est là partiellement dévorée.
Les crottes du renard sont assez caractéristiques, surtout en été où elles sont pleines de noyaux de cerises.

Mais en hiver on peut aussi les repérer.

Ces crottes de renard contiennent de nombreux poils et des débris d’os qui résultent des proies que le renard mange. L’une des extrémités d’une crotte de renard est pointue.
Le blaireau – Traces et indices
Le blaireau est un terrassier; il est capable de déplacer des mètres cube de terre pour creuser ses galeries. Voilà une des raisons pour lesquels il est mal aimé.
La blaireautière regroupe de nombreux terriers. Chaque terrier comporte de plusieurs galeries et aussi plusieurs sorties. Les blairautières sont souvent en sous bois, dans les talus mais certaines se trouvent en plein champ en milieu ouvert.

Cette blaireautière est dans le talus tout au long du chemin, les galeries se prolongent derrière dans le sous bois. Elle compte une trentaine de gueule de terrier.
Une grande quantité de terre fraîchement remuée au niveau de différentes entrées indique que le terrier est occupé.

Régulièrement le blaireau façonne son terrier et évacue la terre pour entretenir ou agrandir ses galeries

L’entrée du terrier se fait grâce à une pente en forme de toboggan qui permet au blaireau de glisser rapidement dans son abri.
Comme le blaireau est un animal très propre, il ne crotte jamais dans son terrier. Voilà pourquoi il est fréquent aux abords des terriers de trouver des pots à crottes. Le blaireau creuse de petits trous et y dépose ses crottes.

Un pot à crotte de blaireau
Les empreintes de blaireaux sont assez caractéristiques. Mais pour cela il faut que les 5 doigts soient bien marqués dans la boue.

Ici, une empreinte de blaireau, le 5 ème doigt est tout au bord de la réglette. A l’extrémité on voit les traces des griffes.
L’écureuil – Traces et indices
Pour repérer la présence d’un écureuil, il faut chercher les traces des restes de ses repas. Comme par exemple les pommes de pins ou encore des noisettes décortiquées. Mais attention les mulots mangent souvent les mêmes aliments. Cependant leur façon de les manger permet de différencier l’écureuil du mulot.

L’écureuil mange partiellement le fruit du conifère alors que le mulot lui dévore tout.

L’écureuil grignote l’extrémité pointue de la noisette. Rapidement une fente apparaît. L’écureuil y glisse ses incisives et la coquille éclate en deux.

Les deux morceaux de la coquille.

Un écureuil a mangé la noisette ouverte en deux, mais c’est un mulot qui a mangé l’autre en ne faisant qu’un trou.
Après avoir trouvé les indices au sol, il faut lever les yeux et chercher le nid de l’écureuil à la cime des arbres. L’écureuil construit son nid avec un assemblage de branchages et de feuilles. Voilà pourquoi il est plutôt difficile à repérer en été car il se confond avec la végétation. Donc il vaut mieux prospecter en hivers quand les arbres sont sans feuilles.

Nid d’écureuil

Nid d’écureuil, vu de plus près
La chouette – Traces et indices
A la tombée de la nuit, on entend facilement le cri de la chouette. Trouver d’autres indices et plus difficile. Au cour de mes promenades, j’ai remarqué des arbres avec de grandes traces de fiente le long du tronc. Et, au pied de l’un d’eux il y avait des pelotes de réjection

Pelotes de réjection que la chouette recrache après avoir mangé ses proies (mulots). Les pelotes sont pleines de poils et de petits os.
Le pic – Traces et indices
On entend le pic creuser sa loge avant de le voir.

Le pic creuse sa loge dans un arbre tendre, souvent un arbre mort. on trouve souvent plusieurs loges sur le même arbre.
Le relevé d’empreinte
C’est une activité ludique que vous pouvez pratiquez avec des enfants. Les petits enquêteurs auront vite fait de trouver des empreintes et seront ravis de repartir avec leur moulage en plâtre. Aussi, munissez vous d’un peu de plâtre en poudre, d’une bouteille vide en plastique coupée, d’une bouteille d’eau, de quelques cercles de boîte de camembert et d’une spatule.
Cliquez ICI pour découvrir en vidéo comment réaliser vos moulages
Conclusion
Voilà, à vous maintenant et de vous constituer votre propre collection de traces et d’indices de présence des animaux.
Mettez à profit la saison hivernale pour chercher les traces car les sols sont meubles. De même, il faut sortir quand le manteau neigeux est présent. Car, la neige est un véritable livre ouvert pour celui qui veut suivre les animaux à la trace.
J’ai collecté toutes les photos de l’article sur plusieurs saisons. Alors soyez patients et surtout attentifs pendant vos sorties !
Je vous donne un dernier conseil car même si vous avez collecté des indices, avant de vous lancer dans de longues heures d’affût, il peut être intéressant de poser une caméra dite « piège photographique ». Ainsi, vous aurez confirmation du passage des animaux, de leur nombre et aussi des heures de passage. Pour cela pas besoin d’investir dans un model haute gamme. Une caméra premier prix ( entre 80 et 100€) fera l’affaire. Attention, pensez à demander l’autorisation du propriétaire du terrain avant de poser la caméra et sécurisez la pour ne pas vous la faire voler.
N’hésitez pas à me mettre vos commentaires à la suite de cet article. Et si vous souhaitez être informé des futurs articles, abonnez-vous à la newsletter.
par Laurence Picot | Déc 1, 2017 | Récits |
Le festival de Montier en Der est sans doute le plus grand festival de photo animalière en France.
Le festival
Montier en der est une petite commune située au nord-est de Troyes. Le festival a lieu tous les ans en novembre. En 2017 c’était la 21ème édition !
Sur les 4 jours du festival c’est environ 43 000 visiteurs qui fréquentent les expositions et les stands sur les différents sites.
Le festival de Montier en Der est étendu sur plusieurs communes. C’est donc sur 15 sites différents que sont réparties les expositions. Un système de navette permet de se déplacer très facilement entre les différents sites.
Mes visites et coup de cœur
Sur 3 jours je me suis concentrée sur les expos de Montier et sur les sites de Giffaumont-Champaubert.
Montier en Der
C’est là que se regroupent les principaux sites d’expositions.
J’ai visité:
Le chapiteau. Là on rencontre des photographes, mais aussi des voyagistes, des associations pour la protection de la nature et des animaux comme l‘ASPAS ou encore des éditeurs avec des livres magnifiques ! Sous le chapiteau il y a également tout un espace dédié aux enfants avec des animations nature.
Le COSEC. Dans cette salle j’ai pu redécouvrir la très belle exposition de Kyriakos KAZIRAS « Elephant Dream » . La photo suivante de Kyriakos était exposée en centre ville de Montier dans un format gigantesque de plusieurs mètres de haut !

le temps suspendu de kyriakos Kaziras
Dans l’allée juste en face se trouve l’exposition de Laurent BAHEUX « 50 nuances de lions » . Même si les photos sont belles, je suis moins fan du post traitement noir et blanc qui est parfois assez dur et tranche vraiment avec celui de Kyriakos qui est tout en douceur. Cette impression est d’autant plus forte que les deux expositions se font face !
Le Haras. C’est un lieu magique que j’ai visité à la tombée de la nuit, cette ambiance nocturne lui convient parfaitement. C’est la que j’ai rencontré Gil GAUTIER qui présente » 50 nuances de bleu au natur’aile » . Une exposition absolument magnifique et un photographe très sympathique. Il nous a expliqué comment il a réalisé ses clichés, quelles techniques, matériel et astuces il a employé.

L’abbatiale. Ici sont exposées les photos du concours 2017. Toutes les catégories y sont représentées.
Giffaumont-champaubert
Le foyer rural. dans cette salle sont regroupées les photographes macro et proxi. J’y est découvert d’excellents photographes comme François MAY et Jonatahn LHOIR.
Le port de Giffaumont-Champaupert. C’est là que sont concentrés les stands des fournisseurs de matériel. On y retrouve entre autre Jama, Nikon, Canon, Benro, Tragopan etc…
Les maisons du port. Plusieurs petites maisons accueillent des photographes. C’est dans l’une d’entre elle que je suis allée rencontrer Teddy BRACARD qui présentait sa toute toute nouvelle exposition extraite de son livre » Lorraine par nature ». J’en ai aussi profité pour récupérer mon exemplaire de ce magnifique ouvrage et le faire dédicacer !

Voilà pour les visites! je n’ai pas pu tout faire d’abord parce que 3 jours c’est court et parce que je suis aussi venue pour découvrir la lac du Der.
Le lac du der
Le lac est artificiel. Il a été créé en 1974 pour éviter les inondations de Paris. Pour cela 3 villages ont été vidés de leurs habitants et engloutis afin d’absorber les crues de la marne. C’est désormais un immense lac : le lac du Der.
Il s’étend sur 48 km². Sa profondeur maximale atteint 18m, avec une valeur moyenne de 4 à 7m.
En fin d’été, le lac est partiellement vidé afin de pouvoir recevoir le trop plein de la marne en hiver. Cette vidange laisse réapparaître les anciennes terres. Ces terres sont de précieux refuges pour les oiseaux migrateurs. Ainsi, chaque année en novembre, entre 60 000 et 80 000 grues cendrées viennent y faire escale. Chaque matin et soir le spectacle de l’envol ou de retour des grues s’offre aux visiteurs. C’est un véritable ballet qui s’effectue dans un vacarme assourdissant !
Voilà pourquoi aller voir les grues au lever et coucher du soleil fût donc une activité que nous avons pratiquée chaque jour, pour le plus grand plaisir des yeux !


Mais n’allez pas croire qu’on ne voit que des grues à l’occasion du festival de Montier car il y a beaucoup d’autres oiseaux présents sur le lac et les étangs environnants.
Et un des spectacles que je préfère c’est le vol des cygnes. Imaginez donc un moment, fermez les yeux, un battement d’aile sourd arrive « froum froum froum » et le voilà qui passe. Parfois il est tellement proche quand il survole le pont qu’il est impossible de faire la mise au point !

J’ai été également impressionnée par la quantité de grande aigrette présentent sur le lac. Ces oiseaux sont d’une grande élégance

Les hérons ne sont pas en reste, celui ci est particulièrement amusant .

Le festival fût aussi pour moi l’occasion d’observer ma 1ère bécassine des marais. Cet oiseau est en fait tout petit, je l’imaginais beaucoup plus gros !

Le festival de Montier en Der est vraiment un très beau site et c’est avec le Festival de l’oiseau un de mes sites préféré.
Alors si vous ne connaissez pas je vous le recommande vivement et j’espère bien y retourner sur une prochaine édition.
Je remercie Fred qui nous a gentillement hébergé et fait découvrir de jolis étangs.
Dernière info, si vous passez par là, poussez jusqu’à Wassy pour aller à la boulangerie acheter les délicieuses « caisses de Wassy ». Ce sont de délicieuses petites meringues aux amandes !
par Laurence Picot | Oct 12, 2017 | Récits |
Le vol du matériel photo est un sujet auquel plusieurs photographes sont malheureusement confrontés chaque année.
Personnellement j’en ai été victime il y a quelques semaines. La date du samedi 23 septembre 2017 va rester dans ma mémoire pendant un bon moment…
Les circonstances du vol du matériel photo
Voici les circonstances dans lesquelles a eu lieu le vol du matériel photo.
Je suis allée rejoindre deux amis, Karin et Benoît lors du « Festiphoto de Rambouillet ». Nous avions comme projet d’allier sorties photo pour le brame du cerf et visites des expositions photo sur les différents sites du festival. C’était aussi l’occasion de retrouver deux amis photographes Gregory POL et Fabien GREBAN pour une sortie brame après les expos.
Nous nous sommes organisés de la manière suivante. Karin et Benoît ont positionné leur camping car près d’une place de brame. Pour nous déplacer sur les expos nous avons décidé d’utiliser ma voiture. La nuit du vendredi au samedi nous l’avons passée bercés par le brame des cerfs. Nous étions donc à l’affût dès le lever du jour. Seul Benoît a eu la chance de voir un beau cerf. De mon côté, j’ai vu passer une martre au loin et deux chevreuils. Comme je n’ai encore jamais vu de cerf (en vrai) de ma vie, karin m’a proposé d’aller en voir dans l’espace Rambouillet. C’est chose faite, nous passons 3h à les observer et les photographier. Nous avons eu la chance de voir dans l’espace libre deux mâles en plein brame qui se sont livrés en plus à quelques petits combats.
En début d’après midi nous retournons au camping-car rejoindre Benoît qui a terminé sa séance d’affût. Karin et moi décidons de repartir faire les expositions sur le site de la Bergerie Nationale. Benoît préfère rester au camping-car et reprendre son affût 300 m plus loin.
Nous laissons nos sacs photos dans le camping car. Il est 14h et nous serons de retour vers 16h car nous voulons être à poste pour le brame en fin d’après midi.
A la Bergerie Nationale nous retrouvons Fabien Gréban sur son expo. Rendez-vous est pris pour ce soir. Après les expos Fabien et Greg doivent nous rejoindre à la séance photo « brame du cerf » puis nous irons tous manger au camping car.
Il est temps pour Karin et moi de rentrer retrouver Benoît. Sur la route nous passons devant Benoît qui est déjà à son poste d’observation. Arrivée au camping-car, je me gare, Karin ouvre le camping car pour récupérer nos sacs et là c’est la vision d’horreur! Il y a plus de sacs, tout est sans dessus dessous. Nous avons été cambriolés!
Quoi faire en cas de vol du matériel ?
A part pleurer, avoir envie de frapper ou s’en vouloir à mort ( eh oui c’est du vécu …) il y a plusieurs choses à faire.
1- Le dépôt de plainte auprès de la gendarmerie ou du commissariat le plus proche, soyez patient, ça peut durer un moment….(mais je tiens à préciser que nous avons été bien reçus)
2- Diffuser au plus vite l’information sur les réseaux sociaux, sur les groupes de vente de matériel d’occasion. N’ oubliez pas les magasins de vente directe type « cashconverter » . Penser à diffuser les numéros de série de vos objectifs et boîtiers ce qui implique de les avoir notés auparavant ! Je vous invite à lire l’article très complet que Régis Moscardini a écrit sur son blog Auxois Nature suite au vol de matériel photo dont a été victime notre ami Grégory POL en 2016. Pour cela cliquez ici.
3- Prenez contact avec votre ou vos assureurs.
Les conséquences en cas de vol du matériel photo?
Les conséquences, les dommages, sont bien sûr financiers. J’ai pour ma part perdu entre autre mon boitier D500 qui avait 5 mois et mon objectif 200-500 qui avait 10 mois. Mais il n’y a pas que le côté financier, il ne faut pas négliger l’aspect psychologique, c’est plus pernicieux. Passé le choc de la découverte du vol, il faut entamer les démarches. Puis tous les jours on se prend à chercher quelque chose. Et là, on réalise que zut ça aussi c’était dans le sac photo et que c’est volé avec le reste.
Çà va vous paraître stupide, car ce sont des petites choses sans beaucoup de valeur. Mais, toutes ses petites choses anodines, une clé usb, une mini trousse de secours, ma gourde etc, vous replongent dans le vol. Tous les jours je passais devant la table où mon matériel est habituellement rangé et où à la place de mon sac il n’y a plus qu’un espace vide… Tout cela a le dont de me mettre en colère. En colère contre moi même pour ma négligence et surtout en colère contre ces connards (désolée mais j’ai aussi besoin de le dire !) qui me privent de ma passion ! C’est quelque chose que je n’arrive pas à accepter. C’est comme une double peine.
J’ai heureusement eu la bonne idée (il faut bien que j’en ai eu au moins une …) de ne pas partir avec tout mon matériel. J’avais sorti de mon sac mon deuxième boitier et son chargeur, 3 petits objectifs et mes filtres. Malgré tout ma pratique c’est la photo animalière et ce n’est pas avec un 18-105 que je vais pouvoir pratiquer. Or j’ai besoin de ressortir faire de la photo. C’est pourquoi je décide de casser ma tirelire et de me racheter mon objectif 200-500. Me revoilà donc équipée avec mon D7100 et ce nouvel objectif. J’ai le sentiment d’avoir franchi un cap. Je n’ai pas encore tiré un trait sur cette mésaventure mais j’avance et c’est le principal !
Quelles leçons en tirer?
Tout d’abord il faut se préparer au pire ! Suivre les recommandations données par Régis peut éviter bien des tracas. J’avais pris soin d’enregistrer mon matériel auprès de Nikon et de garder mes factures. Ces précautions facilitent les démarches.
Mais le maître mot c’est VIGILANCE !
Je ne peux pas dire que je ne savais pas! C’est arrivé à Greg il y a un an !
Normalement je suis d’une prudence maladive. Mon sac ne me quitte jamais ! Allez savoir pourquoi je l’ai laissé ? Je me suis sans doute sentie trop en sécurité. Nous étions entre amis, heureux de nous retrouver, de passer de bons moments ensemble, bref en confiance! Mais dites-vous bien que nous ne sommes malheureusement en sécurité nulle part. Les festivals sont des lieux privilégiés pour les voleurs. Le brame attire les photographes avec leur meilleur matériel. Chacun veut pouvoir faire la photo ! Alors ne relâchez jamais votre vigilance. Ne devenez pas à votre tour victime de vol du matériel photo que vous aimez tant !
Au delà de la disparition du matériel et des photos que j’avais prises à l’espace Rambouillet et que je ne verrai jamais ce sont aussi des moments d’amitiés qui ont été volés. Car nous avons dû écourter notre week-end et laisser tomber nos projets.
Pour clore cet article je tiens à partager avec vous une photo que je viens de réaliser avec mon tout nouveau téléobjectif. Une partie de la page est tournée. Il y aura bien d’autres photos à faire et à partager !

par Laurence Picot | Sep 13, 2017 | Récits |
Chausey est un archipel situé au large de Granville (département de la Manche) en Normandie.
A marée haute, la grande île est entourée de 51 îlots, mais par grande marée, 365 îlots sont découverts à marée basse. Il faut donc être un bon navigateur pour s’aventurer au cœur de l’archipel en bateau!

Chaque année depuis 2012, je participe avec l’association les « Plongeurs Naturalistes de Normandie » (PNN) à une mission d’inventaire de la flore et de la faune sous-marine.
Nous sommes mandatés par le SyMel (Syndicat mixte des espaces littoraux de la Manche). Chaque mission dure une dizaine de jours et génère un rapport écrit.
Chausey – Faune sous marine
Chausey sous l’eau, cela implique de bien programmer la plongée. Car, ici, les courants sont très forts. Il faut donc connaître les spots de plongées et savoir à quel moment on est à l’étale de la marée. C’est à dire là où le courant est plus faible. Malgré toutes ces précautions, il arrive parfois de ne pas avoir de courant en surface mais d’en trouver au fond et vice versa….Nous privilégions l’étale de marée basse car les roches sont émergées et offrent plus de zones abritées pour plonger. De plus, la profondeur est moindre et nous permet de rester plus longtemps sous l’eau.
A Chausey, nous plongeons depuis la surface jusqu’à 20m de profondeur. La plongée dure entre 30 et 60 minutes en fonctions de la profondeur, des conditions météo et du courant.
Au fil de nos missions, nous avons répertorié plus de 320 espèces sous marines. Sur un seul site de plongée nous comptabilisons parfois plus de 100 espèces différentes. Ce qui prouve que les fonds marins de l’archipel de Chausey sont d’une grande richesse.
Voici quelques photos des espères sous-marines de l’archipel de Chausey :
un labre rupestre

une petite vieille

une seiche

une rose de mer

Chausey – Faune terrestre
L’archipel de Chausey est un véritable refuge pour les oiseaux marins. C’est aussi une aire de repos pour les migrateurs. La grande île abrite également bon nombre de lézard des murailles ainsi que le lézard vert.
Le site est une réserve ornithologique. C’est un lieu de nidification pour les cormorans huppé, les goélands.
Début septembre, nous avons réussi à approcher très près des Tournepierres à collier ainsi que des petits Gravelots. Les approches ont parfois été longues, nous avons passé du temps à ramper dans le sable. Mais, les oiseaux ont fini par accepter notre présence et nous avons fait de belles observations.
Tournepierre à collier

Tournepierre en livrée nuptiale

En recherche de nourriture

Petit gravelot en « mode boule »

Petit gravelot

Les îles Chausey sont un véritable trésor qu’il faut absolument préserver !
par Laurence Picot | Août 23, 2017 | Récits |
La drink station, voilà un mot bien étrange. Mais en fait, c’est tout simple. Une drink station c’est un peu le bar du coin pour les oiseaux.
j’ai eu la chance d’être invitée à passer quelques jours à une drink. Suivez moi pour découvrir la faune qui fréquente les lieux.
Présentation de la drink station
La drink station qui nous a accueillie, a été construite par les adhérents d’un club photo.
Elle se trouve dans un verger, lui même situé au cœur d’une zone boisée.
La drink station est de bonne taille, le bassin creusé dans le sol, mesure environ 6 m de long par 3 mètres de large. La profondeur varie de 5cm à 30cm. La cabane d’affût est partiellement enterrée ce qui permet de positionner les objectifs au niveau de l’eau. Les ouvertures sont équipées de vitres sans tain. Les fenêtres peuvent s’ouvrir et dans ce cas le camouflage se fait avec un filet.
La vitre sans tain a deux avantages. Elle assure un parfait camouflage car les photographes sont totalement invisibles de l’extérieur. De plus, elle renforce l’isolation phonique et les bruits liés aux déclenchements des boitiers sont moindres. Cependant il y a un inconvénient à utilisation des vitres sans tain, c’est la perte de lumière. En effet, l’opacité fait perdre une partie non négligeable de la lumière ce qui oblige à monter en iso pour compenser. Cela ne posera pas de problème pour les objectifs très lumineux qui ouvrent à 2.8 mais c’est un paramètre à prendre en compte pour les autres. Ce problème est surtout perceptible au lever et coucher du soleil.
Voici la drink station :


ici une des fenêtre sans tain est ouverte, un filet viendra compléter le camouflage

La drink station est assez vaste pour accueillir 3 photographes
Comment se déroule une séance photo
Pour profiter pleinement de la drink station est préférable d’y rester toute une journée.
Je vous recommande de vous installer de très bonne heure, juste avant le lever du soleil. Pour augmenter vos chances de voir les oiseaux, il faut déposer quelques graines aux abords de la drink. Choisissez bien vos points de dépose car les oiseaux viendront plutôt se poser où il y a à manger. C’est donc là que vous ferez vos photos. Vérifiez l’arrière plan, supprimez les éléments gênants si possible, décalez une branche, ajustez la position d’une souche… Cela prend un peu de temps et crée de l’agitation. Il vaut donc mieux avoir fait tout cela avant l’arrivée des animaux.
Pensez à prendre avec vous tout ce dont vous avez besoin, le matériel photo bien sûr, mais aussi des boissons chaudes ou froides selon la météo ainsi que de quoi grignoter.
Le meilleur moment pour ressortir est aux environs de 13h. L’été il fait chaud, les animaux sortent moins et le lumière est trop forte. C’est donc le bon moment pour faire une pause. Attention à bien vérifier avant de sortir qu’il n’y a pas autre chose que des passereaux à proximité.
Reprise des observations vers 15h, jusqu’à la tombée de la nuit. Voilà typiquement le rythme que nous avons tenu pendant le séjour.
Les animaux à la drink station
La drink station est à l’origine conçue pour observer les oiseaux. Cependant, d’autres animaux la fréquentent.
Les mammifères
Nous sommes restés 3 jours sur le site et nous avons eu chaque jour la visite d’un écureuil. Ce dernier vient à la drink pour se désaltérer. Il en profite également pour chaparder quelques graines de tournesol ainsi que des glands ou noisettes destinés aux geais et aux pics.

L’écureuil se désaltère.

En poste d’observation sur une souche.

Prêt à grignoter quelques graines.
D’autres mammifères fréquentent les lieux. Du plus petit au plus grand, nous avons observé le mulot et le chevreuil.
Les chevreuils viennent boire à la drink station uniquement lors des fortes périodes de sécheresse. Là, ils venaient surtout se régaler des pommes du verger. Nous avons observé un brocard ainsi qu’une chevrette et son petit. Ils ne sont jamais restés très longtemps mais il leur est arrivé de faire plusieurs passages (entre 2 et 4) au cours d’une même journée.

Le mulot quant à lui faisait des aller-retour éclair pour récupérer les graines de tournesol laissées par les oiseaux.

Les oiseaux
Les oiseaux qui fréquentent le plus la drink station sont les passereaux. Dès que les 1ères graines sont déposées, le ballet des mésanges et des rouges-gorges commence!

la mésange huppée est une des espèces de mésange que nous avons observée.
Puis d’autres espèces arrivent.

La Sittelle torchepot a vite adopté les lieux, elle est surtout présente le matin.

Les pigeons font quelques passages.

Les pies s’incrustent
Le chant du pic vert retenti à plusieurs reprises, puis, au bout d’un moment, il arrive.

Le pic vert affectionne particulièrement la drink station, il adore venir se baigner
Nous avons vu d’autres oiseaux, le geai des chênes est venu plusieurs fois dans le verger. Le pic épeiche, le pic épeichette, le gobe mouche gris, le pinson des arbres, le pouillot nous ont également rendu visite à plusieurs prises.
L’apothéose fut l’observation de l’épervier qui ne s’est posé que quelques secondes.

L’épervier d’Europe, une brève observation tellement belle et intense !
En fonction des saisons les espèces qui visitent la drink station varient. C’est ce qui rend les visites attractives car on ne sait jamais ce que les animaux nous réservent!
Ces séances photo sur une drink station étaient une première. Je profite de cet article pour remercier Karin et Benoît qui m’ont invitée, j’ai vraiment beaucoup aimé.
Après avoir construit un affût à écureuil, j’envisage de me construire une petite drink station durant l’hiver…..